À Paris, Félon intègre l’atelier du célèbre sculpteur François Rude, oncle et formateur du sculpteur Emmanuel Frémiet, où il perfectionne ses compétences en sculpture. Il se distingue par son style élégant et expressif, mêlant réalisme et romantisme. Ses œuvres de sculpture sont souvent empreintes de finesse et de détails minutieux, lui valant une reconnaissance notable dans les salons parisiens.
En 1857, Joseph Félon se fait remarquer en tant que cartonnier pour les vitraux de l’église Sainte-Perpétue et Sainte-Félicité de Nîmes. Cette expérience lui permet de maîtriser l’art de la peinture sur verre, menant à des travaux notables comme la restauration de la verrière du Saint-Nom de Jésus à l’église Saint-Étienne-du-Mont en 1864. Il continue avec des créations pour l’église Saint-Séverin en 1865 et réalise d’autres restaurations importantes à Paris jusqu’en 1874. En 1879, Félon est nommé membre honoraire de la corporation des peintres-verriers, reconnaissant ainsi son expertise dans ce domaine.
L’intense activité de restauration et de constructions d’églises dans le cadre du Concordat, comme le triomphe du goût néogothique qui domine à la suite de Viollet-le-Duc, Jean-Baptiste Lassus et les architectes diocésains forment un terrain de jeu propice à l’art vitrailliste de Joseph Félon. Ses compositions très sculpturales font cependant de nombreuses incursions dans le vocabulaire renaissance et l’historicisme en général.
Félon a également pratiqué une sculpture plus petite sur différentes matière comme la terre cuite ainsi que la montre sa Vanité probablement exposée au Salon 1866 et montrant de surprenantes inflexions vers le Réalisme d’une odalisque langoureuse.
En parallèle de sa carrière de sculpteur, Joseph Félon développe une œuvre picturale riche et variée. Ses peintures, marquées par une grande sensibilité et une maîtrise technique, abordent des thèmes allant de la mythologie à la vie quotidienne.
En peinture, son tableau Nymphe chasseresse, conservé au musée des Beaux-Arts de Bordeaux, témoigne de son talent et de son sens aigu de la composition. Après s’être installé dans le Midi en 1884, Félon continue de contribuer au monde de l’art en devenant conservateur au musée de peintures de Cannes et professeur à l’École des arts décoratifs de Nice. Contemporain d’artistes renommés tels que Jean-Léon Gérôme et Alexandre Cabanel, Félon évolue dans un univers artistique dominé par le style académique, caractérisé par une attention méticuleuse aux détails et une grande maîtrise technique.
Joseph Félon s’éteint à Antibes Juan-les-Pins le 6 mars 1897, laissant un héritage artistique riche et varié, témoignant de son engagement dans de multiples disciplines artistiques.